SARKOZY ELU, LA LUTTE CONTINUE POUR LA
REGULARISATION GLOBALE!
Les français ont voté et le verdict des urnes est
sans appel : 86% de participants, 53% pour Sarkozy, 47% pour
Ségolène. La CNSP prend acte et respecte le choix démocratique
majoritaire.
Durant ces 11 ans de
combat pour l'existence légale, nous autres sans papiers avons
essayé de faire comprendre aux travailleurs légaux français(e)s et
immigré(e)s que la clandestinité sert les intérêts patronaux, les
intérêts politiques de la division des travailleurs et affaiblit le
monde du travail dans sa lutte pour sauvegarder les acquis sociaux
des générations précédentes.
Durant ces 11 ans de combat pour la régularisation,
nous autres sans papiers avons fait de grands efforts pour faire
partager l'idée juste que la clandestinité sert aux gouvernants
pour opposer les uns autres et déliter le tissu social à l'aide du
poison de la xénophobie et du racisme.
Durant ces 11 ans de
lutte, nous autres sans papiers n'avons cessé de démontrer que LA
SEULE ET UNIQUE OPTION POLITIQUE REALISTE, JUSTE ET LEGITIME, C'EST
LA REGULARISATION DE TOUS LES SANS PAPIERS, REGULARISATION QUI MET
FIN AU SCANDALE DU TRAVAIL CLANDESTIN DONT PROFITENT LES PATRONS AFIN
QUE LE TRAVAIL LEGAL SOIT L'UNIQUE MOYEN DE GAGNER SA VIE ET DU VIVRE
ENSEMBLE DANS L'EGALITE DES DROITS. Ce choix est IMPERATIF ET
SALUTAIRE pour nous sans papiers et pour toute la société.
La France est ainsi coupée en deux sur ce choix :
19 millions pour une droite dure qui a annoncé clairement son
programme libéral, anti-immigré et anti-sans papiers et 17 millions
qui s'y opposent.
La CNSP déclare
solennellement que tout en respectant le choix indiscutable des
français lors de cette élection présidentielle, il ne peut être
question d'accepter la clandestinité. Les sans papiers n'ont pas
d'autre choix possible que d'agir collectivement à visage découvert,
de rester collectivement visible et de poursuivre la lutte collective
pour la régularisation.
La déception et la peur ne peuvent tuer
l'impérieuse nécessité humaine, sociale et l'obligation parentale
de tout faire pour obtenir le droit de vivre et de travailler
légalement.
La clandestinité, c'est se mettre hors la loi, c'est
accepter le travail clandestin, la fraude dont profitent des patrons
négriers du travail non déclaré, c'est choisir la délinquance, le
vol, la toxicomanie, c'est alimenter l'insécurité sociale des
travailleurs légaux français(es) et immigré(e)s, c'est abdiquer
sur nos responsabilités de parents vis à vis de nos enfants, c'est
favoriser l'abandon par les politiques des valeurs républicaines
comme le droit d'asile pourtant ratifié par la France, c'est
conforter les discours et mensonges racistes qui font de nous les
boucs émissaires des maux et fléaux sociaux.
La CNSP dit clairement NON à une telle destinée
intolérable, NON à un tel destin désastreux! Nous sommes certes en
première ligne, mais les travailleurs légaux français(e)s et
immigré(e) vont subir aussi les affres du néo-conservatisme libéral
qu'annoncent la victoire électorale du CAC40.
Les sans papiers sont conscients des temps durs à
venir. Mais les sans papiers savent aussi que ce formidable peuple de
France s'est trompé comme cela est déjà arrivé dans l'histoire de
France. La CNSP garde l'espoir qu'après le temps de l'erreur viendra
le temps de la vérité. C'est aussi cela que nous apprend l'histoire
du peuple de France.
C'est pourquoi plus que jamais les sans papiers
continuent le combat collectif pour la régularisation, pour des lois
et des politiques progressistes fondées sur le principe républicain
du vivre ensemble dans l'égalité des droits. En cette veille de la
journée contre la traite des noirs le 10 mai, nous déclarons :
Nous ne nous cacherons pas, nous ne retournerons pas
dans la clandestinité. Comme nous l'avons fait durant ces 11 ans de
combat social, citoyenne, anti-raciste et antifasciste, nous
poursuivons notre lutte d'illégaux jamais hors la loi pour le droit
à la vie par le travail dans la légalité.
Fait à Paris le
09/05/07
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