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Grève
reconductible, mode d’emploi
Pour
sauver nos retraites, n’attendons rien des échéances électorales
ou des journées de grève saute-mouton ! la
seule stratégie gagnante pour faire reculer ce gouvernement
et obtenir le retrait du projet de loi est de construire une grève
générale interprofessionnelle reconductible.
Il faut bloquer l’économie du pays pour
forcer gouvernement et Medef à céder et obtenir le retrait du
projet de loi.
Une grève reconductible ne se décrète pas en appuyant
sur un bouton, mais elle se construit. Dans de nombreux secteurs —
Chimie (Total), Rail, Énergie, Industrie automobile, Éducation —,
la grève reconductible se prépare.
De plus en plus d’intersyndicales départementales y appellent
également : alors construisons-la toutes et tous ensemble, avec
les collectifs militants de toutes les organisations qui le
souhaitent, avec l’ensemble des salarié-e-s !
Dans le secteur de l’éducation, qui peut être
en grève reconductible ?
Absolument tout le monde
(titulaires, stagiaires, contractuels,
enseignants et non enseignants), puisque Solidaires a déposé un
préavis de grève reconductible pour l’ensemble de la fonction
publique à partir du jeudi 23 septembre.
Peut-on se mettre en grève reconductible dans le
1er
degré ?
oui,
c’est tout à fait possible et légal : il suffit pour cela de
mentionner, dans son intention de faire grève, non seulement la
journée du 23 septembre, mais encore le 24 septembre, le 25, le 26
etc.
Remarque : Cette
intention sera à renouveler tous les 5 jours.
Va-t-on nous retirer le salaire de tous nos jours
de grève, y compris ceux où l’on ne travaille pas habituellement
(samedi, dimanche, mercredi, etc.) ?
Même si elle ne le fait pas systématiquement,
l’administration peut appliquer l’« arrêt
Omont ». En vertu de celui-ci, si l’on
est gréviste le dernier jour effectivement « travaillé »
de la semaine précédente (par exemple, le vendredi) et le premier
jour effectivement « travaillé » de la semaine suivante
(par exemple, le lundi), l’administration est en droit de retirer
le salaire des journées intermédiaires (par exemple, de samedi et
dimanche) pour fait de grève.
Pour contourner cette mesure
et bénéficier du salaire des week-ends, il suffit de travailler un
jour ou l’autre (soit le dernier de la semaine précédente, soit
le premier de la suivante), voire d’assurer la dernière heure de
la semaine précédente en le faisant constater par son supérieur
hiérarchique. Dans ce cas la journée sera retirée, mais pas les
jours du week-end.
Remarque : si cette
stratégie est choisie, essayer au maximum de se relayer pour que la
grève et la désorganisation qui l’accompagne ne cesse jamais
(certains font grève le vendredi et d’autres le lundi).
Est-il nécessaire, pour se mettre en grève
reconductible, que tous ses collègues — ou une majorité de ses
collègues — s’y mettent également ent ?
L’objectif étant de bloquer le fonctionnement de
l’établissement scolaire, l’idéal serait que le plus grand
nombre possible de personnels soient en grève reconductible. Mais
cela n’est pas indispensable et l’on peut fort bien perturber
lourdement le fonctionnement d’une école primaire avec deux
grévistes, d’un collège avec le triple et d’un lycée avec 10%
de ses personnels en grève reconductible : l’important est de
bien s’organiser.
Comment organiser une grève reconductible ?
Auto-organisation : la
grève reconductible doit être décidée, reconduite et organisée
par les travailleurs et les travailleuses en lutte réunis en AG
d’établissement ou, à défaut, de secteurs. L’AG, qui est
souveraine, permet en outre de maintenir le lien entre les grévistes
et de mettre au point les opérations visant à l’extension,
à la visibilité et à
la convergence des
luttes. Ces dernières appartiennent à celles et à ceux qui les
mènent.
Extension : la
présence des grévistes dans les établissements est seule à même
de gagner au mouvement les autres personnels de l’établissement.
La grève doit être étendue aux autres établissements par une
information constante sur l’évolution de la situation. Les
tractages sont l’instrument privilégié de l’extension de la
grève reconductible. Il importe ensuite que tous les établissements
en lutte soient coordonnés par des AG de secteurs et des AG
départementales.
Visibilité : seules
des opérations « coups de poing »
sont susceptibles de rendre visible la mobilisation et d’attirer
l’attention de nos concitoyen-ne-s et des médias. Il peut s’agir
d’actions symboliques, certes, de tractages de rue, de
manifestations, mais aussi de véritables blocages...
Convergence : la
grève reconductible sectorielle ne saurait aboutir au blocage de
l’économie du pays, c’est tous ensemble (public et privé), sans
distinction de statuts, de branches ou de professions, que nous
pourrons gagner. Pour organiser la convergence des luttes, on peut
aller inciter d’autres secteurs à se mettre en grève
(rassemblements et tractages) ou bien apporter notre soutien
(militant ou financier) à des grévistes d’un autre secteur déjà
en lutte.
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